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Compte-rendu du stage 2005 par Patrice
La 3 ème édition du stage distance du club de la Pointe, brillamment organisée par notre ami Jean, s’est déroulée du 05 au 08 mai 2005 dans les Alpes, et c’est une vingtaine de convives, pilotes ou accompagnateurs, qui se sont retrouvés à Mieussy, berceau du parapente, encadrés par des professionnels expérimentés, Pascal Bétend et Val Montant.
La première journée, après quelques hésitations quant au choix du site, nous nous sommes rendus à Brizon, où les nuages semblaient un peu moins menaçants qu’ailleurs.
Après avoir observé à partir de l’attéro, une ou deux voiles se faire secouer en sortant du déco puis se trouver partiellement contrées par le vent, nous avons sagement décidé d’opter pour de plus saines occupations. C’est ainsi que, les courageux ont marché pour se dépenser un peu dans le coin de Mieussy, alors que les autres, les p’tits guerriers, ont choisi de dépenser un peu au marché de Cluses.
La fin d’après-midi a été l’occasion pour quelques pilotes de s’exercer au gonflage alors que d’autres grimpeurs se sont essayés à vaincre la falaise, et s’est Looping qui s’est montré le plus fort, s’imposant en maître devant Philippe bloqué dans son ascension par le passage d’une fissure qu’il n’arrivait pas à négocier.
Le vendredi matin, les réveils ont sonné de bonne heure : 6h30. C’est pas des vacances !
Il faut dire que nous avions décidé la veille au soir de partir vers 8h du matin pour l’Italie, où le soleil devait se montrer plus généreux. Après 30 à 40 mn de route vers le tunnel du Mont Blanc , coup de téléphone d’un contact sur place : trop de vent ! Retour vers Brizon ou les conditions météo nous ont permis de faire 1 ou 2 vols dans la matinée.
C’est à cette occasion que nous avons pu voir Val sortir d’un petit sac à dos son jouet : une mini voile de 11 m 2 qu’il s’est fait confectionner, inspiré par on ne sait quel démon des airs.
Cette voile, dans le ciel est facilement identifiable, outre sa petite taille, c’est sa vitesse particulièrement élevée qui la singularise, laissant les autres ailes littéralement sur place. L’atterrissage est lui aussi très spectaculaire : çà arrive au sol à 70 km/h accompagné d’un sifflement spécifique qui n’a rien à voir avec celui d’un parapente classique, çà frôle le sol sur 50 ou 60 mètres en perdant de la vitesse, et hop ! les quelques derniers mètres se font au pas de course : du grand art !
A vrai dire ce n’est plus tout à fait du parapente, c’est fait pour surfer dans les airs plutôt que pour enrouler le thermique …. à suivre, ça pourrait bien faire des adeptes
L’après-midi nous nous sommes rendu au Salève sur le déco des Crêts, où nous avons pu faire deux ou trois vols avec, pour certains, repose au déco (oui d’accord, il y a de la place !)
Alors que Pascal à son tour, s’amusait avec la petite voile avec une facilité déconcertante, François se cratérisait lors de l’atterrissage très approximatif, sans bobo heureusement : mais qu’est ce que tu fous François ?
Cette après-midi au Salève a été l’occasion pour Looping de découvrir la voltige en biplace avec Val, une expérience unique que Looping n’aurait pas voulu manquer et qu’il a pleinement savourée.
Le samedi matin, en arrivant au gîte, Pascal déballe devant nos yeux curieux, son tout premier parapente, de forme rectangulaire, taillée dans un tissu soyeux comme des draps et suspendue de grossières cordelettes, la finesse quant à elle : négligeable. Il a fallu que certains passent par-là pour arriver aux performances d’aujourd’hui : merci les pionniers.
Val, lui, est arrivé avec un parachute de base-jump qu’il a plié devant nous : cet exercice est impressionnant de rigueur et de précision : un exemple à suivre pour le pliage de nos secours ! Une fois tout le monde prêt, nous voilà partis pour le déco de Mieussy.
Là commence un petit vol tranquille, puis place à la séquence frissons : Pascal effectue un saut en parachute à partir du biplace piloté par Val : le temps de compter jusqu’à trois et le parachute s’ouvre. Val, quant à lui continue son vol en s’amusant sous le biplace ; et je tire ci, et de ferme ça, et je fais l’hélicoptère ….la maîtrise chez les autres à quelque chose d’énervant quand chez nous, elle se fait trop discrète !
L’après-midi encore un petit vol sympa, puis on remonte pour en tenter un deuxième mais le déco s’est entre-temps bouché, plusieurs pilotes décident donc de redescendre à pied en compagnie de Pascal en empruntant le sentier escarpé accroché à la falaise.
Le dimanche c’est une belle journée qui s’annonce.
Après un lever matinal pour s’acquitter des corvées de nettoyage du gîte avant de le libérer, nous embarquons dans les navettes direction Passy. Les conditions sont bonnes dès notre arrivée au déco de la Plaine joux : les thermiques sont au rendez-vous, YAPUKA !
Après voir fait le plafond avec moi, Val m’invite à tirer le cap direction la vallée de Cluses à Sallanches. Nous passons les aiguilles de Varent puis nous dirigeons vers la Croix de fer que nous n’atteindrons pas, par manque d’altitude. En effet, nous nous faisons contrer par le vent de vallée, nous faisons donc demi-tour juste avant la ‘’tête Louis-Philippe’’ et après avoir fait quelques kilomètres plein pot, vent de cul, nous atterrissons à la verticale tant le vent est fort. Mon sourire à la pose en dit long sur les sensations ressenties lors de ce petit cross. Merci encore Val de m’avoir invité et guidé dans cette aventure.
A notre retour à l’attéro de Passy, seul François est encore en l’air, et quand je dis « en l’air », c’est plutôt accroché au plafond ! Pascal, qui survole le massif situé face au déco, propose à François de transiter pour venir le rejoindre.
François ne se fait pas prier et les voilà tous les deux enroulant le thermique au-dessus du massif. Ils auraient pu y rester des heures mais François, qui commence à avoir un peu faim, revient vers la vallée ou ça monte de partout. Il fait donc, non pas les oreilles, mais ‘’les cornes’’, selon l’expression chère à Martine.
L’après-midi nous voilà repartis à Mieussy. Val se met en l’air pour tester la masse d’air : c’est fort ! trop fort pour les pilotes que nous sommes ! ça secoue méchant sous le thermique de la falaise, puis se sont de gros pétards qui vous satellisent. Une heure plus tard les conditions se sont légèrement calmées et plusieurs pilotes se décident : c’est parti pour un vol musclé dans du thermique généreux. Il faudra malheureusement écourter la séance car l’heure tourne et il faut songer à se poser : il y a encore 700 km à faire pour rentrer au bercail !
Jean qui avait pris place en biplace avec Pascal est bien content de retrouver le plancher des vaches, il est tout blanc avec l’estomac à l’envers : les 360 engagés il n’aime pas trop !
Voilà, c’est ainsi que se termine ce mémorable séjour qui s’annonçait pourtant sous une météo peu engageante. En plus des beaux vols que nous avons pu réaliser, nous avons vécu de grands moments de camaraderie et de bonne humeur, autour d’un apéro, d’un repas ou d’interminables parties de tarot. Quelques regrets cependant : pour Philippe de ne pas avoir pu rependre sa revanche sur la falaise du jeudi, pour Jean de ne pas avoir pu visiter le musée de l’horlogerie à Cluses, et pour l’ensemble des pilotes que le séjour n’ait pas duré plus longtemps !
Nous ne saurons assez remercier Jean qui s’est investi à fond dans cette organisation, Jacqueline et Alain pour l’élaboration des menus du séjour et la préparation des repas, René et Maxime qui ont aimablement joué le rôle des navetteurs, Gaétane photographe de service et bien sur Pascal et Val qui nous ont agréablement encadrés et grâce à qui nous avons amplement profité du séjour.
Patrice
Bientôt quelques photos pour agrémenter le récit
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